Les outils de captation du Gaussian splatting en 2026 : téléphone, appareil photo, 360, LiDAR, drone
Tout Gaussian splat commence par des images. Qui les prend, et avec quoi, décide de l’essentiel de la suite : la qualité, le temps passé sur place, et si le résultat a une échelle exacte. En septembre 2026, cinq familles d’outils font ce travail — un téléphone, un appareil photo, une caméra 360, un scanner LiDAR portatif, un drone —, et toutes produisent désormais des splats, parfois directement.
Cet article est le guide d’achat : comment on se sert de chaque famille, ce qu’elle coûte, et laquelle convient à quel projet. La question plus profonde de ce que chaque méthode garantit — la photogrammétrie qui estime, le LiDAR qui mesure — fait l’objet de notre article iPhone, caméra 360 ou LiDAR : ce que votre captation garantit. Ce que deviennent les images ensuite est dans le workflow de production.
Comment se déplacer avec chaque outil
Téléphone ou appareil photo — Des couronnes autour du sujet
- Trois couronnes ou plus, de bas en haut, pour voir aussi le dessus et le dessous.
- Une photo tous les 15 à 20 degrés sur chaque couronne — 18 à 24 par couronne — avec 70 à 80 % de recouvrement entre voisines.
- Réglages verrouillés du début à la fin : exposition, balance des blancs, mise au point.
Appareil sur trépied — Le plateau tournant
- Le sujet tourne ; l’appareil et les lumières restent fixes. Le fond doit donc être uni et régulier — ou masqué —, sinon le logiciel croit que toute la pièce tourne.
- Une prise de vue tous les 15 degrés, environ 24 par tour, puis on monte ou on incline l’appareil pour la couronne suivante.
- On retourne l’objet pour son dessous, puis on fusionne les deux captations.
Caméra 360 — Des arrêts dans une pièce
- Chaque arrêt — ou chaque image d’une vidéo lente — enregistre toute la sphère à la fois.
- Des arrêts rapprochés, pour que chaque vue partage une bonne partie de la précédente ; davantage autour des angles et des portes.
- Tenez la caméra au-dessus de la tête ou sur une perche : vous apparaissez sur chaque image, sauf si le logiciel vous masque.
Scanner LiDAR portatif — Une boucle fermée
- Parcourez tout l’espace à allure régulière : le scanner suit lui-même sa position en avançant.
- Fermez la boucle — revenez au point de départ — pour que le logiciel corrige la dérive.
- La couleur vient des caméras du scanner : la lumière compte toujours.
Drone — Des passages, puis une orbite
- Des passages parallèles, caméra vers le bas, couvrent le sol et les toits ; une orbite, caméra inclinée, capte les façades.
- Ajoutez des photos au sol pour les étages inférieurs, que le drone voit mal.
- En France, un exploitant enregistré et la bonne catégorie : le vol en espace public en agglomération est interdit en catégorie ouverte.
Cinq façons de capter, chacune avec un dessin animé et les règles qui la font fonctionner : des couronnes autour d’un objet, un plateau tournant, des arrêts dans une pièce avec une caméra 360, une boucle fermée avec un scanner LiDAR, des passages et des orbites en drone.
Cinq outils, cinq façons de se déplacer. Les règles des couronnes et du plateau tournant suivent le guide de prise de vue de PlayCanvas ; les autres, les guides des fabricants et notre propre pratique.
Le téléphone : le départ le plus simple
Un téléphone récent et une application gratuite suffisent pour un premier splat, et de plus en plus pour un bon. Scaniverse, de Niantic Spatial, entraîne le splat sur le téléphone lui-même, hors ligne, en quatre-vingt-dix secondes environ ; depuis sa mise à jour du 29 septembre, il accepte aussi la vidéo 360, avec les offres payantes. Polycam et KIRI Engine traitent dans le cloud, avec un nombre de photos limité selon l’offre (150 avec l’offre gratuite de Polycam, 2 000 avec ses offres professionnelles). La nouvelle application LCC Scan de XGRIDS, en bêta depuis septembre, entraîne un splat sur iPhone en deux minutes environ.
Faut-il un LiDAR ? Pour un splat, non : c’est la caméra du téléphone qui travaille. Le capteur LiDAR d’Apple, présent sur tous les iPhone Pro depuis l’iPhone 12 Pro et sur l’iPhone 18 Pro, aide surtout pour l’échelle et les maillages. Les téléphones Android n’ont pas d’équivalent. À noter : RealityScan Mobile, d’Epic, gratuit, produit des maillages texturés, pas des splats.
Les limites sont celles de votre bras et de votre patience : un téléphone convient aux objets et aux petits espaces, pas à une façade ni à un site.
L’appareil photo : les meilleures images, au prix du temps
Pour un produit, une œuvre ou tout objet où la qualité prime, un hybride ou un reflex donne encore les meilleures images : fichiers RAW, objectif piqué, exposition maîtrisée. Les guides convergent : 120 à 140 images pour un sujet circonscrit, jusqu’à 600 environ pour une grande scène ouverte, au moins 60 % de recouvrement entre voisines, depuis trois hauteurs, à f/8–f/11 et avec une vitesse d’obturation assez rapide pour exclure tout flou (Radiance Fields).
Pour un travail répété sur de petits objets, un plateau tournant fait gagner du temps : l’objet tourne, l’appareil reste sur son trépied, et une tente de lumière uniformise l’éclairage. Le fond doit alors être uni, ou masqué — sinon le logiciel croit que toute la pièce tourne autour de l’objet.
Un plateau tournant gradué sur son pourtour, le moyen le plus simple de photographier un objet sous tous les angles à intervalles réguliers — ici un crâne préparé pour un scan 3D.
Image : Watty62, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée, convertie en WebP).À l’autre extrême, des studios utilisent des cages d’appareils synchronisés, comme la LightCage d’ESPER, qui accueille jusqu’à 150 appareils et capte tous les points de vue en un instant — utile pour les personnes, qui ne restent jamais immobiles pendant 400 photos.
La caméra 360 : une pièce en quelques minutes
Une caméra 360 voit dans toutes les directions à la fois. En intérieur, cela change tout : au lieu de pointer l’appareil vers chaque mur, on traverse la pièce et chaque image capte toute la sphère. Les modèles actuels — l’Insta360 X6 (699 à 849 €) et l’Osmo 360 II de DJI (589 à 609 €), tous deux lancés cet été — filment en 8K pour moins de 200 grammes.
Une caméra 360 sur une fine perche : les objectifs des deux côtés voient toute la sphère, et la perche tient l’opérateur hors du champ autant que possible.
Image : 之乎, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée, convertie en WebP).Les logiciels ont suivi. COLMAP 4.1, en juin, traite nativement les images 360 ; un plugin de LichtFeld Studio lit directement les fichiers Insta360 et DJI, choisit les images les plus nettes et masque automatiquement l’opérateur ; Scaniverse accepte des clips 360 jusqu’à dix minutes. Insta360 propose désormais des splats directement depuis la X6, via un service cloud opéré par une entreprise tierce en Chine — un point à vérifier au regard du RGPD avant d’y envoyer les locaux d’un client.
Ce que la caméra 360 ne donne pas, c’est l’échelle, et ses images sont moins nettes que celles d’un appareil photo : c’est l’outil de la vitesse, pas de la mesure.
Le tutoriel de Niantic Spatial sur la captation à la caméra 360 pour Scaniverse (en anglais) : comment se déplacer, à quelle vitesse, et comment tenir la caméra.
Vidéo : Niantic Spatial, sur YouTube.Le scanner LiDAR portatif : mesuré, pas estimé
Un scanner LiDAR portatif combine un laser qui mesure les distances, plusieurs caméras et une centrale inertielle. En marchant, il calcule sa propre position — la technique s’appelle SLAM — et enregistre en même temps un nuage de points à l’échelle exacte et les images sur lesquelles le splat est entraîné. Il n’y a aucune position à deviner après coup, et c’est pourquoi il fonctionne là où la photogrammétrie échoue : couloirs, murs nus, pièces sombres.
Zebedee, l’un des premiers scanners LiDAR portatifs à SLAM, mis au point par l’agence de recherche australienne CSIRO : le capteur oscille sur son ressort pour balayer l’espace pendant que l’opérateur marche. Les scanners d’aujourd’hui y ajoutent des caméras pour la couleur.
Image : CSIRO, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée, convertie en WebP).XGRIDS domine le segment pour les splats. Sa PortalCam (4 999 $, 870 g, quatre caméras) est conçue comme une caméra spatiale pour les splats ; ses Lixel K1 et L2 Pro sont des instruments de relevé ; et le Lixel L3, dévoilé le 15 septembre à l’INTERGEO, produit un nuage de points, un maillage et un splat en un seul passage, avec 5 mm de précision relative annoncée et environ 100 m² couverts en dix minutes. Aucun prix officiel n’a été publié ; un revendeur britannique l’affiche à partir de 25 199 £ TTC. NavVis a ajouté les splats à son logiciel IVION en août, en bêta pour son scanner MLX ; nous n’avons trouvé aucune sortie splat native pour le BLK2GO de Leica, l’Orbis de FARO ou le Hovermap d’Emesent.
XGRIDS présente le Lixel L3 lors de son lancement, en septembre 2026 (en anglais) : un passage, un nuage de points, un maillage et un Gaussian splat.
Vidéo : XGRIDS, sur YouTube.Le drone : toits, façades et sites
Pour l’extérieur d’un bâtiment ou un site, seul un drone voit les toits et les étages supérieurs. Les logiciels de cartographie le font voler selon un plan automatique : des passages parallèles caméra vers le bas, puis des orbites autour du bâtiment, caméra inclinée. DJI Terra transforme les photos en splat depuis sa version 5.0, dans ses éditions supérieures ; l’Autopilot de Varjo Teleport, depuis mai, planifie le vol à partir d’une zone dessinée sur une carte et traite tout dans le cloud — sa démonstration utilisait un DJI Mini 5 Pro (799 €). Pour l’échelle exacte, un drone à positionnement RTK, comme le Matrice 4E, place chaque photo à quelques centimètres près.
Un drone photo de la famille Mavic 3 : un grand capteur, un obturateur mécanique sur les versions professionnelles, et le logiciel pour effectuer seul une mission de cartographie.
Image : C.Stadler/Bwag, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée, convertie en WebP).Les règles comptent autant que le matériel. En France, quiconque fait voler un drone équipé d’une caméra doit s’enregistrer comme exploitant sur AlphaTango, le plafond de vol est de 120 mètres, et la doctrine officielle est sans ambiguïté : « le vol en espace public en agglomération est interdit » en catégorie ouverte. Capter un bâtiment en ville suppose donc la catégorie spécifique — un scénario standard déclaré à l’avance ou une autorisation — ou un opérateur spécialisé.
Choisir
Quel outil pour votre projet ?
- PossibleTéléphone et application Convient à une petite pièce, en marchant lentement ; le résultat dépend de la patience plus que du téléphone.
- PossibleAppareil photo (et plateau) D’excellentes images, mais des centaines de photos à prendre à la main dans une pièce.
- Meilleur choixCaméra 360 Le moyen le plus rapide de couvrir une pièce : chaque image voit dans toutes les directions, de 550 à 850 €.
- Meilleur choixScanner LiDAR portatif Rapide et fiable : un seul passage donne le splat et un nuage de points, à l’échelle exacte.
- Peu adaptéDrone Sans objet en intérieur ou pour un objet.
Trois questions — ce que vous captez, si vous avez besoin de l’échelle exacte, votre budget — et les cinq familles d’outils de captation notées meilleur choix, possible ou peu adapté, chacune avec la raison.
Les règles derrière ces avis suivent les prix et les caractéristiques de cet article. Elles répondent au cas le plus courant ; un vrai projet dépend aussi de l’accès, de la météo et des délais — et combine souvent deux outils : un drone pour les toits, un scanner ou une caméra 360 pour le reste.
Les cinq familles côte à côte
| Famille | Prix (sept. 2026) | Poids | Échelle exacte | Ce qui en sort | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|---|
| Téléphone et applicationiPhone 18 Pro · Scaniverse, Polycam, KIRI, LCC Scan | Le téléphone, plus 0 à 50 € par mois | ≈ 0,2 kg | Approximative (LiDAR des iPhone Pro) | Un splat sur le téléphone ou dans le cloud | Objets, petites pièces, premiers essais |
| Appareil photo (et plateau)Hybride, objectif 24–70 mm, plateau tournant | Quelques milliers d’euros (estimation) | 2 à 10 kg avec le kit (estimation) | Avec une règle étalon ou des repères | Des photos RAW, entraînées sur ordinateur | Produits et objets, en qualité maximale |
| Caméra 360Insta360 X6, DJI Osmo 360 II | 589 à 849 € | 183 à 195 g | Non | Une vidéo 360, traitée dans le cloud ou avec COLMAP | Pièces et intérieurs, vite |
| Scanner LiDAR portatifXGRIDS PortalCam, Lixel K1, L2 Pro, L3 | De 4 999 $ à environ 36 000 £ | 0,87 à 3 kg | Oui : de 5 mm à 1,2 cm en relatif (fabricants) | Nuage de points et images, puis un splat dans LCC Studio | Bâtiments, patrimoine, jumeaux numériques |
| DroneDJI Mini 5 Pro, Matrice 4E | De 799 € à environ 4 600 €, plus le logiciel | 0,25 à 1,2 kg | Avec RTK ou points de contrôle au sol | Des photos aériennes, traitées dans DJI Terra ou Teleport | Extérieurs, toits, sites |
Prix officiels quand le fabricant les publie ; sinon prix revendeur ou presse (voir les sources en fin d’article). Les prix et poids d’un kit photo sont des estimations.
Un tableau qui compare téléphones, appareils photo, caméras 360, scanners LiDAR portatifs et drones pour la captation en Gaussian splatting : prix, poids, échelle exacte, ce qui en sort, et ce pour quoi chacun est le meilleur.
Les mêmes cinq familles, chiffre par chiffre. Les prix bougent vite sur ce marché : les caméras 360 et le Lixel L3 ont tous été lancés ces deux derniers mois.
Les accessoires qui font la différence
- Les repères d’échelle. Des cibles imprimées comme les AprilTags, posées dans la scène et mesurées, donnent une échelle exacte à une captation qui n’en a pas — et aident à aligner plusieurs captations entre elles.
- La lumière. Un ciel couvert en extérieur ; en intérieur, des lumières douces qui ne bougent pas. La polarisation croisée — un filtre polarisant sur la lumière et un autre sur l’objectif — supprime les reflets des objets brillants, au prix d’une partie du réalisme qu’un splat sait reproduire.
- Le spray de scan. Sur des surfaces transparentes ou réfléchissantes, un spray qui disparaît au bout d’une heure ou deux donne au logiciel quelque chose à quoi se raccrocher ; il uniformise la couleur, et convient donc mieux à la géométrie qu’aux splats fidèles en couleur.
- Les batteries. De 36 minutes de vol pour un Mini 5 Pro à environ 100 minutes de scan pour un Lixel L3 : prévoyez la captation en fonction.
Chez ARGO
Nous choisissons l’outil selon ce que l’expérience doit montrer et prouver : un téléphone ou un appareil photo pour un produit qu’on verra de près, une caméra 360 pour une boutique ou un showroom captés en quelques minutes avant l’ouverture, un scanner quand un lieu doit être mesuré, un drone pour l’extérieur d’un site. Et dans tous les cas, le but est le même : un splat assez léger pour s’ouvrir dans le navigateur d’un téléphone, depuis un QR code, sans application.
FAQ
Questions fréquentes
Sources et pour aller plus loin
- Guides de prise de vue : PlayCanvas, Taking photos for Gaussian splatting · Radiance Fields, How to capture radiance fields
- Téléphones et applications : Apple, caractéristiques de l’iPhone 18 Pro · Niantic Spatial, FAQ Scaniverse et guide caméra 360 · tarifs Polycam · tarifs KIRI Engine · tarifs Varjo Teleport
- 360 : Insta360 X6 (Phototrend) · COLMAP 4.1 · plugin 360 de LichtFeld · Spatial Capture d’Insta360
- LiDAR : communiqué du Lixel L3 de XGRIDS · PortalCam de XGRIDS · Heliguy, Lixel L3 contre L2 Pro (prix revendeur) · historique des versions de NavVis IVION
- Drones : caractéristiques des DJI Matrice 4 · Heliguy, DJI Terra et le Gaussian splatting · Autopilot de Varjo Teleport · AESA, catégorie ouverte · Ministère de la Transition écologique, catégorie ouverte et catégorie spécifique
Prix, produits et règles vérifiés le 30 septembre 2026. Quand aucun prix officiel n’existe, la source est un revendeur ou la presse, comme indiqué.